« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Avec « Les Noces meurtries », le roman de Sandra Banière publié dans la mythique collection « Terres de France » des Presses de la Cité, on est au cœur d’une saga de terroir avec son lot de vie quotidienne qui fait tout le charme de ce genre littéraire, que j’apprécie beaucoup.
Hélène, Champenoise, est racontée, de manière très subtile, tout au long de quelques décennies de son existence, parsemées de portraits croisés avec sa mère, d’un mariage d’amour qui tourne au fiasco, au viol même par un mari véritable obsédé sexuel, de la pénible condition de travail du monde viticole, qui fait dire à l’auteure :

« La viticulture, c’est avant tout une affaire d’amour de la terre, de la nature, et non une course au rendement pour enrichir des hommes qui ne mettent jamais les pieds dans les vignes, et qui pensent que leurs connaissances théoriques prévalent sur le savoir- faire ancestral. »

Après l’insouciance de la jeunesse, la découverte de l’amour, celle d’être mère, petit à petit, Hélène souffre, se tait, puis se confie au médecin du village concernant les assauts violents et répétés de son mari, puis, elle ose en parler à sa mère. La réplique est sèche, peu encline au dialogue :

« Je pense surtout que tu fais partie de cette nouvelle génération de femmes qui demandent le divorce dès la première tempête, qui sont persuadées que l’herbe est plus verte ailleurs, et qui refusent de se battre pour ce qu’elles sont. »

C’est que Bertrand, le mari, est sympathique à l’extérieur de chez lui, travailleur et bon père de famille, même aux yeux de ses beaux-parents.
Le « combat » pour sa survie ne fait que commencer pour Hélène et ce ne sera pas facile…

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