«  sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Étrange livre que L’art d’être libre (dans un monde absurde) de Tom Hodgkinson (Éditions LLL) ! D’un côté il regorge de précieuses et utiles références, d’un autre côté, l’auteur nous renverrait bien au temps des cavernes quand il se veut catégorique : bannissez l’anxiété, soyez insouciant, quittez la ville, débarrassez-vous de votre montre, arrêtez la compétition et renoncez à faire carrière, ignorez le gouvernement, chassez la solitude, mettez fin à la tyrannie de la richesse et, même, cessez de travailler et commencez à vivre.

Pierre Rahbi qui présente cet essai, écrit : « Je ne sais pas si je suivrais l’auteur cependant que toutes ses allégations, anarchisantes ou existentialistes pourraient laisser croire que nous nous posons  en donneurs de leçons, mais je retrouve dans sa démarche de libération des contraintes quotidiennes de la modernité, nombre de nos propres propositions habillées d’un humour tout britannique et sainement évocateur. »

En d’autres termes, Pierre Rabhi explique que ce livre invite à réfléchir sur notre quotidien pour mieux agir.

Alors, faisons la part des choses et laissons l’aspect « cavernes » pour se consacrer aux multiples propos qui, de manière réaliste, mettent le lecteur en face de choix de société sur base de constatations crédibles et citations ciblées, car cet essai se veut un manifeste de résistance au monde contemporain mais, sans rejeter ce but, force est de reconnaître que des solutions proposées relèvent d’une utopie qu’il serait fort difficile à mettre en pratique, quand bien même, nous ne pouvons qu’apprécier cette volonté de remplacer la convoitise par la fraternité, la compétition par la coopération, la morosité par la joie de vivre.

Voici, donc, quelques propos de l’auteur :

« Les hommes libres ne courent pas après les richesses ou les honneurs parce qu’ils savent que cela conduit à l’esclavage, et ne craignent rien. »

« Le sentiment de culpabilité est une invention humaine. Nous choisissons de nous sentir coupables, car ce sentiment est un choix. »

« La survie du plus fort est une idée encore remarquablement répandue, non seulement comme théorie biologique mais aussi comme éthique pour la vie de tous les jours. Lorsque des nantis débattent dans les médias, ils utilisent l’expression « saine compétition », en supposant qu’il va de soi pour les auditeurs que la compétition peut être saine. »

« En théorie, la concurrence permet d’avoir des biens de qualité à des prix raisonnables. La réalité est tout autre. L’exemple frappant est celui d’une chaîne de supermarchés omnisciente et omniprésente qui détruit les communautés locales, oblige le commerce de détail de baisser le rideau, pompe l’argent des communautés locales et le reverse dans les poches de ses actionnaires. »

« Les capitalistes ont fait du temps une marchandise, ils manipulent notre instinct de compétition. Ainsi, les membres du comité de direction d’une entreprise trouvent hilarant de voir leurs employés se tuer à la tâche pour se concurrencer, obtenir un maximum d’augmentation salariale et trois semaines de congé. »

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