«  sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff

 Albert Camus (1913-1960) a énormément compté dans mon cheminement existentiel et ce n’est pas sans une certaine émotion que je viens de lire son Carnet III (Mars 1951-décembre 1959), troisième recueil où il consignait ses réflexions sous la forme de Cahiers, ceux avant sa mort accidentelle.

Ainsi, de 1935 à son décès, il fut question de réflexions, d’idées, d’informations, d’extraits de correspondances…

Comme pour chaque chronique dévolue à cet auteur humaniste que j’estime tant, j’ai extrait quelques-uns de ses propos sous forme de messages, dont, je pense, il est plus que nécessaire de se référer par les moments difficiles que la planète en cette année 2019 est occupée à vivre.

« Certains soirs, écrit-il, dont la douceur se prolonge, cela aide à mourir de savoir que de tels soirs reviendront sur la terre après nous » et « Il ne faut jamais dire d’un homme qu’il est déshonoré, des actions, des groupes, des civilisations peuvent l’être. Non l’individu. Car s’il n’a pas conscience du déshonneur, il ne peut perdre un honneur qu’il n’a jamais eu. »

On connaît le combat incessant mené par Albert Camus pour la fraternité et son corollaire l’humanisme. Dans le dernier lustre de son existence, il ne cessa de marteler son attachement à la liberté, au peuple, à une presse indépendante :

« Une presse n’est pas vraie parce qu’elle est révolutionnaire. Elle n’est révolutionnaire que pace qu’elle est vraie. » À ce sujet, après avoir essuyé maintes critiques du couple Jean-Paul Sartre-Simone de Beauvoir qui, par leur « engagement politique » tentèrent certainement de faire oublier qu’ils avaient quelque peu été aux côtés de collaborateurs et de Vichy durant la Seconde Guerre mondiale, Camus écrivit : « Parvenus de l’esprit révolutionnaire, nouveaux riches et pharisiens de la justice. Sartre, l’homme et l’esprit, déloyal » et « Des politiciens de droite ont placé des malheureux dans une situation indéfendable et, pendant le même temps, les hommes de la gauche leur tiraient dans le dos. Je n’ai pas de mépris pour les militants communistes, bien que je les croie dans une erreur monumentale, écrivit-il en 1955. Quand un opprimé pour la première fois dans l’histoire du monde régnera par la justice, sans opprimer à son tour, tout sera fini et tout commencera enfin. »

Et, cette déclaration très  forte : « C’est dans la lutte que, finalement, j’ai toujours trouvé ma paix. »

Enfin, cette vision extraordinaire écrite en 1956 et qui, malheureusement, s’avère d’une précision dramatique alors que le négationnisme climatique au nom d’une capitalisme financier mondial et anthropophage sévit plus de six décennies plus tard: « La civilisation industrielle, en supprimant la beauté naturelle, en la couvrant sur de longs espaces par le déchet industriel crée et suscite les besoins artificiels. Elle fait que la pauvreté ne peut plus être vécue et supportée. »

http://www.naturoprod.com/mp3/chronique-2019-01-27-09-00-00-pierre-CamusIII.mp3

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