Il me fallait bien deux chroniques pour vous présenter l’essai Et si la révolution était possible de Denis Langlois aux Éditions SCUP, tant cet auteur de terrain (objecteur de conscience, ancien de Mai 68, pacifiste, avocat de toutes les causes perdues donc utopistes…), propose en 120 pages un important matériau de réflexion.

En cette deuxième chronique, pas de longs discours mais quelques citations qui donnent un éclairage édifiant sur la manière de réagir dans notre société capitaliste, égoïste et violente et en faire une communauté internationale fraternelle et humaniste.

« Il y a lieu de former suffisamment d’animateurs, des donneurs de souffle, pour que leur permutation soit possible et qu’ils ne deviennent pas des politiciens professionnels, car n’oublions pas que les chefs naissent parce que les autres militants leur ont donné naissance. Un mouvement révolutionnaire doit être à l’image de la vie : libre, changeant, accessible à tous, enrichi des réflexions et du travail de chacun ».

Et l’auteur de peaufiner sa proposition : « Par définition, un mouvement révolutionnaire a besoin de toutes les bonnes volontés. Il représente le peuple, il est le peuple. Il en accueille toutes les composantes. Si l’on veut mener à bien une révolution et construire une société satisfaisante, l’impératif est clair : faire en sorte qu’elle ne soit pas régie par des rapports de pouvoir et même que le pouvoir n’y existe plus. Quand on n’a plus peur de celui-ci, ou plutôt qu’on a maîtrisé et dépassé sa peur, quand on n’a plus vis-à-vis de lui cet habituel complexe d’infériorité, quand on le défie, il n’est déjà plus tout à fait le pouvoir. »

Alors ? Comment réagir ? Denis Langlois propose : « Organisons des contre-forces selon nos possibilités sans violence car généralement plus difficile à contrer par les pouvoirs en place, surtout si l’humour en fait partie. Soyons honnêtes, écartons la censure, édifions un socle de valeurs acceptables pour tous, écoutons les autres, posons de bonnes questions, écartons la revanche, ne manipulons pas, établissons des canaux de communication plus sûrs et plus crédibles, le droit pour tous, l’épanouissement dans l’égalité, le bien-vivre ensemble, passons du travail forcé au travail choisi, allons à l’essentiel, renonçons à l’inutile… »

Bref, d’une prise de conscience individuelle, tendons vers une prise de conscience collective. Tout ça et bien d’autres éléments sont développés dans cet ouvrage, véritable mode d’emploi réaliste pour une indispensable révolution. Pacifiste, cela va de soi.

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

 

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