Cette troisième chronique consacrée à l’essai, disons initiatique, Sagesses d’ailleurs de Frederika Van Ingen (J’ai lu) évoque les peuples racines qui subsistent encore, ci et là, sur la planète.

        À ce propos, l’auteure cite Umberto Eco qui conseille « d’aller voir ce que ces peuples premiers ont à nous dire, pour qu’ils puissent nous dire, à nous, Occidentaux, qui nous  sommes. »

Un membre de l’un de ces peuples premiers, ceux qui sont tant toisés et méprisés, se confia à Frederika Van Ingen et elle en conclut :

« C’est le moment pour les Occidentaux de se pencher sur les connaissances des peuples premiers. Ils auront besoin d’elles pour inventer un nouvel ordre social, plus humain. Inventer un système social avec justesse, dont le point central, plutôt que la production et la consommation, serait l’humain qui, par définition prendrait en compte les fonctionnements psychologiques de l’homme (…) en commençant par l’écoute de nos émotions, perceptions, ressentis, impalpables et pourtant si réels et agissants, sortes de portes ouvertes – ou fermées – vers l’invisible, dont l’exploration pourrait nous réapprendre l’équilibre. »

         Autre approche développée de manière magistrale dans l’essai, celle de François Demange[1] qui nous livre la plus belle et naturelle démonstration qui soit en matière d’antiracisme : la voie rouge.

C’est-à-dire que, quelle que soit la couleur extérieure de l’être humain, blanc, jaune, noir, métis…, tous nous avons du sang rouge !

         Cette explication-ci me paraît aussi fort utile à relever :

« Il est difficile de jeter à la poubelle des siècles d’histoire de peuples indigènes de l’Amazonie, par exemple, qui ont vécu en osmose avec la nature avant l’arrivée de l’homme blanc colonial.

         Ils avaient leur propre médecine, leurs propres visions du monde.

         Et quand nous, on vient avec nos médicaments (qui sont aussi nécessaires mais qui ne sont pas la voie unique) et avec notre certitude que c’est ainsi que le développement doit se faire, quand on impose ces formes-là, on se ferme en même temps à la connaissance. »

L’auteure ferme cette importante parenthèse de manière assez catégorique :

« On a perdu ce langage fondamental énergétique de la terre, cette ouverture. On est devenu très carrés. Or il y a beaucoup plus de profondeur que ça dans la nature, dans l’univers, mais il faut en faire l’expérience pour le redécouvrir. »

 

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music

 

 

[1] De l’ombre à la lumière, Éditions Mama, France, 2014.

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