Il est des livres qui ne laissent aucune trace dans votre esprit, en revanche, comme le flux et le reflux de l’océan, certains vous reviennent tant ils vous ont marqué. Lucie Lumière de Gérard Georges (Presses de la Cité) est de cette dernière catégorie dans la mesure où, non seulement c’est remarquablement rédigé dans un style direct et avec une sorte de suspense quasiment à chaque page, mais l’histoire touche au plus profond de notre conscience.

Comment est-il possible que des êtres humains, prétendument civilisés, peuvent s’acharner sur une gamine qui, déjà marquée au fer rouge par le destin, puisque enfant de l’Assistance publique, doit subir sarcasmes, violences, humiliations, de la part de parents dits adoptifs et de leur entourage ?

Bien sûr, en adoptant cette enfant, cela rapporte un peu d’argent, mais quand les affaires vont bien et que l’avenir économique est prometteur, cet acharnement relève bien de la maltraitance, d’une sorte de sadisme qui ne peut qu’ébranler le lecteur.

Heureusement, Lucie a du caractère, est douée, a des projets chevillés en elle comme autant de défis, tout en restant aimable et serviable. Cependant, elle est déterminée et de ce village d’Auvergne où tout le monde lui est hostile, exception faite d’un enseignant qui a fini par comprendre la situation et lui tend la main, Lucie va s’extirper de ce milieu et sortir de l’enfer de maîtresse manière.

Il reste à souhaiter que tous ceux qui sont réellement dans sa situation puissent, un jour, connaître pareil dénouement.

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