Le magazine Philosophie vient de rééditer le surprenant ouvrage Gaston, un philosophe au travail. Non, il ne s’agit pas d’un gag digne de Franquin, le père spirituel de ce personnage désopilant de la BD, mais d’un livre qui analyse ce phénomène qui « ne dénonce rien, mais exprime une forme de résistance à l’ordre de l’entreprise ».

En somme, Gaston Lagaffe incarne un peu la désobéissance civile. Et, qui dit désobéissance civile, dit pacifisme dont n’est pas exclu l’humour. Que du contraire !

D’emblée d’ouvrage, le lecteur apprend que ce gaffeur invétéré est « une réponse possible à la question du sens, sinon de la vie, du moins, du travail. »

Alors, sociologues, anthropologue, philosophe des sciences, spécialistes de l’histoire des médias et des sciences, ingénieur, romancier, musicologue… analysent à partir de planches l’existentialisme cher à Gaston Lagaffe qui, dans le fond, est un adepte de la slow attitude, un doux subversif, un amoureux de la musique, un bricoleur qui préfigure le hacker, un activiste pacifiste, un poète, un inventeur…

Tout cela dans une série d’ouvrages aux sujets aussi sérieux que Montaigne, le Coran, Spinoza, l’Iliade et l’Odyssée…, il aurait été intéressant de connaître l’avis de Franquin, l’auteur de centaines de planches dévolues à son cher Gaston, sur toute cette analyse de spécialistes qui ont savamment décortiqué son œuvre que lui, hypothèse plausible, ne désirait produire que pour faire rire suite à une observation pointue de ses contemporains et une imagination fertile.

Peut-être que Gaston, un philosophe au travail, ne fait que corroborer la maxime que « Tout ce qui se conçoit bien s’énonce clairement », plutôt gaiement, sans chercher midi à quatorze heures !

 

Musique : http://www.michaelmathy.be/#music