Lucas, 30 ans, revend avec un plantureux bénéfice sa star-up et prend le temps de s’occuper de son arrière-grand-père, Émilien, 94 ans, et l’entraîne là-haut, dans un hameau vidé de ses habitants et animaux domestiques du Limousin,  où se trouve encore la maison familiale.

Il faut que tu écrives ce qui s’est passé ! dit Lucas à Émilien.

À quoi bon ? répond l’aïeul.

Parce que pour pousser haut, les hommes, comme les arbres ont besoin de racines profondes et vigoureuses. C’est important pour moi, pour nous, pour tous ceux qui sont de nulle part et sont perdus dans des villes tentaculaires où ils n’existent que dans la virtualité. On a perdu le contact avec le monde vivant ; les arbres, les forêts, les rivières, les pierres, les bêtes, les hommes.

Alors, sous la plume de l’ancêtre défilent neuf décennies qui content une histoire indispensable à la Mémoire et un exemple touchant de transmission entre des générations aux antipodes.

Même les arbres s’en souviennent, de Christian Signol paru chez Albin Michel, rend Émilien quelque peu philosophe : « Je me félicite du fait que mes enfants et petits-enfants soient davantage maîtres de leur destin que nous ne l’étions, nous, dans ces années où manger à sa faim, ne pas avoir froid l’hiver, apprendre à lire et à écrire satisfaisaient les rêves les plus grands. »

Après quelques mois, Lucas revient aux nouvelles et Émilien lui avoue qu’il puise dans certains souvenirs du passé, des raisons d’espérer en l’avenir et il entraîne le lecteur pour une promenade dans le passé propice aux confidences, à la Mémoire des êtres, des lieux, de la Nature et des événements.

Ce roman m’est apparu remarquable, l’un des plus beaux et touchants de Christian Signol, selon moi.

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