Qui ne se souvient pas de ces maquignons qui, en une poignée de mains ponctuaient une négociation sur parole et tenaient ce deal pour contrat : la parole donnée valait toutes les signatures et tous les sceaux au bas de documents notariaux et autres.[1]

Avec Le serment ou la sacralisation de la vie de Joseph Noyer paru à MdV Éditeur, voici un essai qui, je cite, « explore les dimensions rituelles et symboliques de cet acte fondamental ».

Parmi les onze chapitres (Le contenu des serments, À qui adresse-t-on le serment ? Serment et parjure, La fidélité au serment…), il y a celui intitulé « Serment éternel ou limité dans le temps ? Donner ou prêter serment ? » qui a un double intérêt. L’auteur y apporte une réponse qu’il y a lieu de lire ou relire, voire méditer, pour en saisir toute la quintessence : « Donner s’accorde avec un temps illimité ou, plutôt, avec un temps sans temps, un temps au-delà du temps. En réalité, le temps auquel appartient le serment est un état qui est de l’ordre de l’éternité… »

Quant à l’expression « prêter le serment », elle ne correspond pas à la réalité traditionnelle. En effet, « donner est irréversible, prêter est un donner provisoire : on prête un bien en attendant qu’il nous revienne. Or, le serment ne peut être que donné et, lorsqu’il est donné, il ne peut l’avoir été que d’une manière définitive », conclut Joseph Noyer, spécialiste en symbolique depuis des décennies.

Musique : Michaël Mathy.

[1] Bien entendu, il y  eut de « mauvais » maquignons ne respectant pas ce deal, d’où l’usage péjoratif de ce mot.

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