Camille limousinait comme maçon à la ville à 16 ans, c’est-à-dire que, paysan, il avait quitté ferme, herbages, étables des Bois d’en Haut pour devenir ouvrier durant quelques mois afin d’aider sa mère à rembourser un prêt afin de ne pas hypothéquer ses terres, car son mari était mort dans les eaux tumultueuses du Rhône, l’hiver 1858 avait été très rigoureux et elle avait été obligée de vendre quelques têtes de bétail pour subsister. « Le malheur, c’est comme le choléra, il s’attrape aisément »…

Voici le décor planté par Jean-Guy Soumy auteur d’un roman qui m’a énormément plu,  Le Voyageur des Bois d’en Haut aux Presses de la Cité.

À Lyon, le jeune Camille côtoya des ferblantiers, plâtriers, peintres d’ornement, menuisiers et ces limousins maçons où, chaque année depuis des décennies, son père oeuvrait également avec la truelle et le fil à plomb et, malgré l’omerta autour de sa mort, les langues finirent par se délier.

Petit à petit, Camille qui fréquentait aussi des Maîtres tailleurs de pierre et l’École du Trait, apprit que son père avait une double vie, celle des Bois d’En Haut et celle de Lyon, et il désira ardemment en savoir davantage sur cette situation, au point de se poser la question : « Mon père est-il vraiment décédé ? »

Au total de ce livre, pas moins de soixante-sept courts chapitres donnant un fameux rythme à une histoire prenante, passionnante, puissante, au point que le lecteur a l’impression de vivre le récit au présent, alors qu’elle se déroula il y a cent soixante ans !

J’apprécie beaucoup ce genre de récit initiatique qui rend en même temps hommage au monde ouvrier, artisanal et agricole, une sorte de Mémoire du « petit peuple » et, en Jean-Guy Soumy, j’ai découvert un véritable intercesseur de Savoir. (Musique : Michaël Mathy)

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