Les Éditions Omnibus ont eu la remarquable idée de réunir en un volume, trois romans de Christian Laborie sous le titre générique  Le Bonheur en Cévennes : L’Appel des drailles dont il a déjà été question, Les Drailles oubliées et L’Arbre d’or.

Pour le deuxième cité, c’est un tocsin qui sonne dans tous les villages et annonce la Première Guerre mondiale et la mobilisation générale, au grand désarroi de la population : « Abreuver de sang les sillons n’est pas un travail pour un paysan ! » clame le vieux Célestin.

Alors que les hommes valides de 20 à 45 ans partent au front, les femmes et les anciens tentent de les remplacer dans les tâches quotidiennes qui étaient les leurs. Antoine et Joseph reprennent même le chemin des drailles, mais avec un intense sentiment d’amertume à voir les forces vives que sont leurs fils, neveux, voisins… « défendre la patrie » selon ceux qui restent le cul enfoncé dans leur fauteuil capitonné au Parlement ou au ministère, bref, faire la guerre n’a pas de sens : « C’est pas une honte ! Nous faucher nos fils et nos maris en pleine force de l’âge ! Qu’avons-nous à faire de leur politique ? Qu’ils nous fichent la paix et qu’ils aillent la faire eux-mêmes leur saloperie de guerre ! »

Cependant, plutôt que se lamenter indéfiniment, les anciens retroussent leurs manches car, après l’estive, il y a les vendanges.

Cela durera jusqu’en 1918 et, comme si la « Der des Ders » était bien un leurre lancé par ces mêmes politiciens, marchands d’armes et autres militaristes, voici l’écho des gesticulations menaçantes d’un certain Adolf Hitler qui annoncent une autre débâcle, dont Vichy, le Vél d’Hiv et autres drames pour le peuple.

Au fil des pages, on en arrive à la création de la Maison de la Transhumance afin que ne s’oublie pas ce patrimoine, alors que les drailles font place aux chemins de grandes randonnées, les fameux GR…

 

Musique Michaël Mathy : http://www.michaelmathy.be/#music

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