17 juin 2021
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Une parole de vie

Boris Nicaise est un auteur bien connu pour ses ouvrages consacrés au symbolisme et, même, à l’épopée napoléonienne, puisqu’il raconta l’histoire de l’un de ses ancêtres ayant servi dans les rangs de l’empereur français. Une époque dont il est amplement question en ce bicentenaire de la mort de celui qui, pour d’aucuns, reste un dictateur et misogyne ayant rétabli l’esclavagisme, pour d’autres, un génie.

Aujourd’hui, il est question du Serment, un livre récemment paru aux Éditions Maison de Vie, assurément un thème, ô combien, d’actualité à l’heure où tant de personnes renient leur parole donnée, voire leur signature au bas d’un document officiel ; que ce soit du sportif professionnel qui, sans le moindre remords, attiré par un appât financier, casse son contrat avec tel club pour en rejoindre un autre, au grand dam de supporters qui l’avaient acclamé, également du politicien qui, après avoir signé, même devant notaire, un accord de coalition avec tel parti, balaie cette procédure d’un revers de la main pour s’allier à un autre parti et, de la sorte, s’assurer un plus confortable nombre d’élus dans son camp.

Avec justesse, Boris Nicaise explique que la spécificité première du serment est de faire appel à la parole, la reçue et la donnée, véritables fondements du lien entre les êtres et de la vie en société.

Pour lui, il s’agit d’une base solide, d’une prise de conscience et il n’hésite pas à clamer que « sans serment auquel s’en remettre ou s’engager, la loi de la jungle est assurée ! »

Et, nous sommes encore au cœur de l’actualité dans cette société contemporaine qui érige l’individualisme en dogme, lorsqu’il rappelle que le serment est une merveilleuse manière de le modérer « en liant chacun à l’autre par un geste et un parler qui inspirent d’emblée confiance. »

Cependant, il constate qu’en France, les hauts fonctionnaires de l’État ne sont plus tenus de prêter serment dans le cadre de leur profession, que le serment de promesse inscrit dans la loi a été effacé des tablettes, que le serment de véracité sur les déclarations d’impôts est passé de vie à trépas, alors, il se demande si le serment est rejeté, obsolète, discrédité ou bien, faut-il le réhabiliter en urgence.

En dix chapitres, parfaitement documentés, à la lecture aisée et tellement riches d’exemples concrets, Boris Nicaise en arrive à comparer le serment à une « parole de vie » et s’adresse à notre conscience : « Que seraient les relations humaines sans l’accès à la confiance ? »

 

 

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