20 septembre 2021

Podcasts écologie & environnement

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Obéissez sans réfléchir ! (3/3)

Dans Désobéir de Frédéric Gros, il est bien entendu fait référence à Henry David Thoreau, celui-ci expliquant l’opposition majeure entre l’État et les politiciens qui se secouent et bougent quand ils sont animés par des lobbyistes et des carriéristes ambitieux, et les individus habités par leur conscience.

La morale trouve son assise dans la conscience, alors que la politique est un mode de fonctionnement gigantesque et glacé, selon le pionnier de la désobéissance civile.

À l’argument de la légalité des lois votées selon des procédures réglées (majorité simple, majorité des 2/3, unanimité…), il répliqua que ce qui devait l’emporter était la supériorité éthique et non une loi arithmétique.

Quant à la dissidence civique, elle est une posture éthique par laquelle la désobéissance civile décourage par avance toute récupération politicienne.

Les trois grands foyers de l’obéissance aveugle en sont : l’Administration, la Religion et l’Armée.

Leur mot d’ordre est le même : obéissez sans réfléchir, dit-il.

Le dissident civique est celui qui désobéit parce qu’il ne peut plus continuer à obéir, est-il encore expliqué.

Les notions d’obligation éthique, de responsabilité sans limites apparaissent également dans le constat qu’il posa : la neutralité est un choix, c’est celui de la complicité passive.

J’ai été particulièrement attiré par la démonstration reprise du tout premier numéro des Temps modernes en 1945 : Flaubert et Goncourt pouvaient être considérés comme responsables de la répression qui suivit la Commune, parce qu’ils n’avaient rien écrit, pas un seul mot, pour l’empêcher.

À cela, il fut rétorqué que ce n’était par leurs affaires.

Répliques cinglantes des Temps modernes : le procès de Calas était-il l’affaire de Voltaire ? La condamnation de Dreyfus était-elle l’affaire de Zola ? L’administration du Congo, était-elle aussi l’affaire de Gide ?

Le piquant dans cette référence aux Temps modernes, c’est que ce magazine fut fondé par Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir et, qu’eux-mêmes, ne furent pas des modèles de résistants, c’est le moins que je puisse dire.

 

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