31 août 2021
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C’est la touchante histoire de Jean l’écaillon…

Le machinisme, l’industrialisation, les technologies nouvelles, certains matériaux traditionnels (pierre, bois, terre cuite, paille) remplacés par du plastique et du béton hautes performances et ses superplastifiants, telle est l’évolution, du moins sur une échelle du temps et non au point de vue de la qualité et de la pérennité des constructions, ont fait que des métiers ancestraux et des entreprises artisanales ont été quasiment rayés de notre société consumériste.

Résultat tangible : des cathédrales, demeures, châteaux et ponts moyenâgeux tiennent encore leur rôle, alors que des buildings et viaducs modernes se fissurent, se dégradent à une vitesse folle et que des viaducs s’effondrent.

Alors, tant qu’il est en encore temps, tournons les pages d’un passé pas si lointain qui, déjà, est considéré comme de l’histoire remontant à la création de l’Univers, pour certains.

J’exagère un tantinet certes, mais en bon Ardennais, je force un peu le trait dès qu’il s’agit de défendre, promouvoir ou se souvenir cette vaste région de France, de Belgique, du Luxembourg et d’Allemagne, pour la mettre en évidence comme il se doit, à l’instar de l’auteure Jacqueline Hiver aux racines familiales ardennaises.

Il y a peu, elle a publié aux Éditions Jacques Flamant un livre qui, justement, évoque « les Ardennes ardoisières entre poèmes et légendes » sous le titre de Jean l’écaillon.

Un écaillon est le principal ouvrier d’une ardoisière et le terme écaillon vient d’écailler, car on écaille les ardoises.

Pour moi, féru de récits historiques, de témoignages et de vécus consacrés au monde du travail, à l’esprit compagnonnique, aux luttes sociales, à la condition ouvrière et artisanale, ce fut un moment « fort » de me replonger dans les Ardennes de Jean l’écaillon, mort de silicose comme tant de ses collègues avant d’arriver à la retraite ou peu après celle-ci.

« Gueules noires au regard triste,

Brisées par le démon capitaliste.

Plus de foi, plus d’espérance,

Endurer la souffrance.

Ce n’est pas le bagne, non !

Les bagnards triment au jour

C’est pire. C’est le fond. »

Dans ce livre touchant, abondamment illustré, il y a aussi ces femmes, belles et fortes comme des chênes, attendant, parfois vainement, que leur homme remonte de la fosse.

Et pourtant, dans le silence des forges et du souvenir que les Ardennes furent d’horribles champs de bataille, Jacqueline Hiver n’en démord pas :

« Ma terre ardoisière

Je t’aime comme on aime

Un pays où mes racines ont grandi ! »

Et puis, en bonne poétesse et en adepte des légendes, elle nous évoque Rimbaud, un Ardennais pure souche, et des légendes, telle celle de la Poule noire, mais ceci est une autre histoire.

 

Photos extraites du livre Jean L’Écaillon (Éditions Jacques Flament) de Jacqueline Hiver.

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