26 septembre 2021

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Feu de joie

Quand un auteur évoque une région qui est chère à vos bons souvenirs, cela ajoute une petite touche à l’intérêt que l’on porte à son récit, n’est-ce pas ? Cependant, faut-il agir, comme je l’ai fait naguère, c’est-à-dire partir du Puy-en-Velay pour accomplir une pérégrination philosophique et culturelle de quelque 2 000 kilomètres à pied vers Compostelle, pour goûter pleinement à l’histoire contée ?  Non, bien entendu, cependant, retrouver ou sillonner par la grâce d’une lecture des endroits connus permet, peut-être, d’encore mieux imaginer la description des êtres et de la Nature réalisée par l’écrivain.

Avec Feu de joie de Pierre Petit aux Presses de la Cité, je fus donc en terrain de connaissance, si j’ose dire, puisque l’histoire se déroule en Haute-Loire, mais, par après, tout l’art du conteur est de vous accrocher pleinement à son roman. Et, selon ma lecture, ce fut réussi.

Quand, entrant pour la première fois à l’école primaire, mais en retard d’un trimestre, Stéphane, tremblant de peur du haut de ses six ans, fut consolé par Isabelle qui l’avait précédé dans la classe, il n’allait jamais oublier ce geste délicat.

Toute leur jeunesse, Stéphane et Isabelle furent liés par une amitié indestructible, même quand leurs chemins se séparèrent, lui pour un internat à Clermont-Ferrand, elle pour le lycée de Saint-Étienne, ensuite, lui pour des études universitaires de français, elle pour les mathématiques.

Certes, lors de différentes vacances, ils se revoyaient, passant quelques moments agréables à gambader, voire flirter, en toute amitié, ils s’écrivaient trois ou quatre fois l’an alors qu’ils étaient séparés par des boulots d’enseignants situés à des centaines de kilomètres l’un de l’autre, elle dans la région parisienne, lui dans le Nord, jusqu’au jour où Stéphane demanda et obtint sa mutation au collège de Fontbonne, au pays natal, y rejoignant Isabelle, professeur de mathématiques depuis deux ans.

Les chaleureuses retrouvailles se firent au bistrot Giraud sur le faubourg, puis, il l’emmena à la pêche aux écrevisses à bord de sa mythique 2 CV, là-bas, loin de la ville, dans un coin isolé où scintillait une rivière parmi les pins.

Au menu de ces heures tant espérées par les deux amis d’enfance, une belle truite, des écrevisses à raison de six balances pour chacun, selon la règle, un pique-nique, quelques baisers fougueux, beaucoup de tendresse réciproque, et l’amour, là, à la belle étoile.

« Qu’est-ce que je t’avais dit ? On est tout seuls ! » lui dit-il.

Ce qui n’était pas du tout le cas. Je laisse au lecteur la suite des événements, sans quoi, ce serait dévoiler ce qui constitue une littérature du réel qui mêle à la fois une enquête quasiment judiciaire, un indéniable aspect romanesque, la sociologie des personnages, le tout sur fond de guide d’une région aux multiples attraits et lieux, parfois bien insolites.

Ce livre relève donc de la littérature de terrain comme le laissa sous-entendre Pierre Petit dans son prologue :  » Même si ce roman est inspiré par des faits réels, décors et personnages restent imaginaires. Enfin, presque… »

 

 

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