mardi, juillet 16, 2024

Le dernier qui restera se tapera toutes les veuves

Nonobstant un nombre impressionnant de « con » et de « connerie » qui parsème l’ouvrage Le dernier qui restera se tapera toutes les veuves paru aux Nouvelles éditions Wombat, François Cavanna, son auteur, se voit, ici, rassemblé en de nombreuses nécrologies qu’il écrivit, souvent au picrate, parfois avec tendresse, dans Charlie Hebdo de ce que je considère comme la belle époque du magazine, c’est-à-dire celle des Reiser, Wolinski, Cabu, Choron et cie.

J’avoue avoir pris beaucoup de plaisir quand il descendit en flammes Jean-Paul Sartre, alors que l’intelligentsia occulte le passé de collaborateur de ce personnage, tout comme celui de Simone de Beauvoir, d’ailleurs.

Je vous livre quelques passages de ce livre en commençant, bien sûr, par ces mots à l’égard de Sartre : « Sartre veut se mettre à la portée du peuple. De ce qu’il suppose être le peuple. Alors, en avant, de la grosse haine bien con bien haineuse, à la louche. Au faciès. On croirait lire Minute (le magazine d’extrême droite de 1962 à 2020) parlant d’un immigré. »

J’ai quelque peu côtoyé François Cavanna (1923-2014) lors d’une semaine de marche entre pacifistes, alors qu’il était encore le patron de Charlie Hebdo.

 

Après avoir appris la mort d’un orang-outan de huit ans, Dayou, au Jardin des Plantes à Paris, il écrivit ceci : « À bas les zoos ! Aussi modernes, aussi perfectionnés soient-ils, ce sont des prisons, des bagnes, des lieux d’infinie tristesse.

À bas les ménageries, à bas les cirques, surtout les itinérants !

À bas le dressage, à bas le domptage, à bas les spectacles d’animaux ‘‘savants’’ !

Laissez les bêtes sauvages là où elles sont, c’est-à-dire chez elles !

À bas le foie gras !

C’est ça, ricanez. Rotez un bon coup et emmenez votre gosse voir les singes qui sont si laids avant d’aller éparpiller un peu de plomb sur des faisans d’élevage.

Mais ne lisez pas ce journal, sale con de chasseur ! »

Concernant Michael Jackson, que ses fans s’accrochent : « Il faut regarder les choses en face, Michael Jackson était raciste. Raciste contre sa propre race, en plus. Ce qui est pire que tout. Une sale pourriture de raciste, donc.

Il n’aimait pas les nègres, or il en était un. Il gagnait des sommes fabuleuses. Il employait tout ce pognon à effacer les témoignages extérieurs de sa négritude, mais ça ne trompait personne. »

Concernant des politiciens décédés, il n’y allait pas de main morte, si j’ose m’exprimer ainsi :

« L’homme politique, ou bien vit dans une honnêteté, une chasteté, une rigueur morale inexpugnables, ou bien se débrouille pour en avoir l’air. Sans une faille. C’est-à-dire est un beau spécimen d’hypocrite. »

« En politique tout est possible. Même des trucs tellement tordus, tellement invraisemblables que tu n’oserais pas les mettre dans un roman, le lecteur ne marcherait pas. »

« Les grands politiciens (ou qui s’autoproclament grands), s’entourent de médiocres pour être sûrs d’émerger. Ils ont l’art de s’entourer de nullités. »

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